VOLTAIRE. Candide ou L’optimisme. Traduit de l’allemand de M. le docteur Ralph.

Vendu

Le plus bel exemplaire de l’édition originale de Candide répertorié sur le marché depuis un demi-siècle.
L’exemplaire de Georges Heilbrun relié en veau marbré de l’époque aux armes du marquis de Caraman (1731-1806).

Rupture de stock

UGS : LCS-A43 Catégorie :

S.l. (Genève, Cramer), 1759.

In-12 de 299 pages. Signatures A-N4.

Plein veau marbré, armoiries frappées or au centre des plats, dos à nerfs orné de pièces d’armoiries couronnées répétées cinq fois, filet or sur les coupes, tranches rouges. Reliure en veau armorié de l’époque.

159 x 93 mm.

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Edition originale « très rare et très recherchée ».

« Il existe de Candide huit éditions différentes, publiées en 1759 sans nom de ville ni d’imprimeur, toutes tirées dans le même format, et ayant toutes un titre identique. De ces huit éditions, celle-ci est la première. » (Bengesco, B.n.F. En Français dans le texte).

« Élevé dans le château d’un baron, certain jeune homme appelé Candide mène la vie la plus agréable en compagnie de son précepteur, le Dr Pangloss. Et pour cause : il tient de ce dernier que le monde est absolument bon, vu que toute cause amène la meilleure fin d’une manière inéluctable, jusqu’au jour où le châtelain trouble cette quiétude : ayant surpris le cher Candide sur le sein de sa fille Cunégonde, il l’envoie sur l’heure à tous les diables d’un grand coup de pied au derrière. Réduit à rouler sa bosse, le jeune homme parcourt divers pays qui se chargeront de lui montrer que ce monde répond fort peu au mirifique enseignement du bonhomme Pangloss. Qu’il se trouve en Angleterre, en France ou en Italie, force lui est de constater que le mal prévaut sur le bien de la manière la plus sauvage. »

« Il est certain que voltaire est le maître du pessimisme ironique. Eugène Marsan observe à cet égard : « De toutes ses veines, c’est celle-là qui a le moins souffert du temps. Ce qu’il avait de caduc dans sa poésie, de sec dans son histoire, de court dans sa philosophie a fini par rebuter, au lieu que le pessimisme du Candide a de plus en plus séduit ».

Cette édition originale de Candide est rare et rarissime en bel état.

Un exemplaire, de qualité médiocre, en veau frotté, fut vendu 100 000 € (90 000 $ de l’époque) par des libraires américains exposant au Salon de la Mutualité en mai 2001, il y a 25 ans.

Un exemplaire en simple basane armoriée fut vendu 150 000 € en 2009, il y a 17 ans.

Précieux et bel exemplaire – le seul apparu sur le marché en veau marbré armorié de l’époque depuis un demi-siècle – relié aux armes et pièces d’armes du Marquis de Caraman (1731-1806).

Marie-Jean-Louis de Riquet, dit le marquis de Caraman, quatrième fils de Victor-Pierre-François, comte de Caraman, et de Louise-Madeleine-Antoinette Portail, né le 26 novembre 1731, devint chevalier de l’ordre de Saint-Louis en 1760 et brigadier des armées du Roi le 20 avril 1768 ; il mourut en 1806 ; il avait épousé le 21 août 1763 Marie-Charlotte-Eugénie de Bernard de Montessus de Rully.

Voltaire et le marquis de Caraman se fréquentaient à la cour de Stanislas.

En 1738, le traité de Vienne met fin à la guerre de Succession de Pologne. Le roi Stanislas Leszczynski est exilé. En tant que beau-père de Louis XV, il se voit attribuer la Lorraine et le Barrois, alors érigés en royaumes. Il affectionne Lunéville, dont la cour, animée par un « souverain fantoche », séduit de brillants esprits par sa grande liberté. Toute l’Europe intellectuelle s’y retrouve, en particulier Voltaire et Mme Du Châtelet. Stanislas se prend d’amitié pour ce couple qu’il reçoit avec tous les honneurs. Voltaire apprécie l’atmosphère détendue et tolérante de Lunéville, où il trouve refuge quand il publie des ouvrages qui dérangent. Les deux hommes continueront à correspondre et resteront liés jusqu’à la mort accidentelle de Stanislas, en 1766.

Parmi les principaux hôtes qui viennent successivement charmer et distraire la cour de Lunéville, il faut citer le prince de Conti, le prince héritier de Hesse-Darmstadt, Mlle de Charolais; l’évêque de Toul, Mgr Drouas de Boussey; le comte et le marquis de Caraman, le comte de Stainville, le maréchal de Bercheny, un vieil ami de Stanislas, qui demeure près de Châlons; Mgr de Choiseul-Beaupré, le maréchal de Maillebois et son fils, etc., etc.

Sa tolérance était la même pour tous; il accueillait aussi libéralement les philosophes qui fuyaient la Bastille que les jésuites qui fuyaient les foudres du Parlement. A sa cour, chacun avait toute liberté de conscience: ses premiers médecins, son trésorier étaient protestants.

Pour Stanislas, le plus grand de tous les plaisirs était de causer avec des personnes dont l’esprit était 168 comme le sien vif et cultivé; peu lui importait leurs opinions, il adorait discuter.

Les hommes de lettres aussi bien que les philosophes n’étaient pas sans apprécier l’honneur rare que leur faisait leur royal confrère, si bon, si familier, si accessible; ils se plaisaient infiniment dans cette cour paisible où ils étaient admirés comme ils méritaient de l’être et où ils jouissaient en paix du fruit de leurs travaux, loin de l’envie et des cabales. Voltaire n’a pas vécu d’années plus heureuses que celles qu’il a passées à Lunéville.

Voltaire est déjà passé par la Lorraine lorsqu’il arrive à Lunéville en février 1748, accompagné d’Emilie du Châtelet, sa douce amie depuis quelques années. Stanislas l’accueille avec grand plaisir et lui fait les honneurs de sa cour. Très vite se nouent de bonnes relations entre les deux hommes. Même si Voltaire n’est pas toujours en accord avec les ouvrages que publie Stanislas, il apprécie l’atmosphère détendue et tolérante de Lunéville. Il y trouve ce qui lui est le plus cher : « les fêtes et la liberté », comme il en témoigne lui-même dans sa correspondance.

La cour lorraine offre à Voltaire un refuge où il peut fuir Paris, cette capitale française où il est souvent en délicatesse avec la censure et le pouvoir royal. L’émulation artistique et intellectuelle qui règne à Lunéville fait se succéder jeux, concerts et représentations théâtrales, au cours desquelles les œuvres du « roi Voltaire » sont applaudies. D’autres auteurs importants sont passés par Lunéville, comme le fameux Montesquieu, le mathématicien Maupertuis ou le président Hénault, dramaturge et historien. En 1749, Voltaire et Emilie du Châtelet sont de retour en Lorraine, pour une halte estivale au château de Commercy, avant de retrouver Lunéville. C’est là que meurt la « divine Emilie » le 10 septembre 1749. Cette disparition brutale affecte tellement Voltaire qu’il doit abandonner la Lorraine, après avoir fait ses adieux à Stanislas qui le quitte en pleurant.

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Auteur

VOLTAIRE.