TERTII bergomatis, Francisci. Pictoris aulici Austriacæ gentis imaginum. Gaspar. Patavinus, incisor.

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Spectaculaire chef-d’œuvre Renaissance de l’art de la reliure parisienne exécuté vers l’année 1569 d’une dimension totalement inusitée « 567 x 422 mm », unissant au maroquin mosaïqué de couleur brune et noire, un décor de points or, de volutes et d’arabesques soulignées de filets or et l’apparition de seize décors rehaussés de peintures jaunes et rouges.
Seconde édition augmentée, de la plus grande rareté, de cette somptueuse suite de portraits en pied de souverains européens.

Rupture de stock

Oeniponti [Innsbruck], 1569.

In-plano de (57) ff. dont 5 titres et 52 portraits à pleine page. Mouillure et qq. salissures ou rousseurs, déchirure restaurée sur le titre, marge de 4 pl. accidentée en coin.

Maroquin brun et noir sur ais de bois, décor élaboré et riche de volutes et d’entrelacs de maroquin rouge soulignés de filets plein or, motifs centraux décorés aux mille points or ; seize motifs aux angles et extrémités centrales et latérales avec mosaïque de maroquin noir rehaussé de fines lignes courbes peintes en rouge et jaune, bordure extérieure de vingt millimètres restaurée, dos remonté orné d’un décor de l’époque similaire avec mosaïque de maroquin rouge et noir, volutes et entrelacs soulignés de filet plein or, décor au pointillé doré, gardes renouvelées.

Exceptionnelle reliure parisienne réalisée vers l’année 1569 proche des reliures exécutées par Marcus Fugger (1529-1597) et notamment de la reliure n°26 du « Sixteenth-century Gold-Tooled Bookbindings in the Pierpont Morgan Library by Nixon – New York 1971 », mais d’une dimension rare : 567 x 422 mm.

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Seconde édition augmentée, de la plus grande rareté, de cette somptueuse suite de portraits en pied de souverains européens.

L’édition comporte cinq titres ornés d’armoiries de la maison d’Autriche et 52 figures gravées en taille-douce par Caspar Osello, dit Patavinus, présentant les portraits en pied des souverains et souveraines de l’Autriche, de l’Espagne, de la France et de la Bourgogne dans des décors architecturaux et avec légendes en pied. Cette suite est du plus haut intérêt du point de vue de l’histoire du costume.

« Recueil de 57 gravures en taille-douce, divisées en 5 parties, savoir : 1ère part., 16 pl. ; IIe, 12 pl.; IIIe, 7 pl.; 1V, 6 pl., et Ve, 16pl. Ces planches représentent les empereurs et les grands hommes de l’Autriche, avec un quatrain au bas de chaque portrait, une notice biographique abrégée, et des figures emblématiques. Outre l’édition de 1558, qui se paye une centaine de francs et plus, il y en a deux bien distinctes, sous les dates de 1569 à 1573; elles ont quelques planches de plus que la première. » (Brunet, V, 728).

« Questo Gaspare Padou, è quello che altrimenti si denomin anche Gaspar ab avibus o Gasparo delle Oselle. Poco si sa di lui, se non che era nativo di Cittadella nel Padovano, trovandosi in una sua stampa della flagellazione Gaspar ab avibus Cittadellensis fecit. Cinquantadue tavole compongono questa Opera di bello intaglio, ove i ritratti in piedi dei personaggi hanno contorni figurati ». (Cicognara)

L’un des principaux foyers de stimulation de l’art de la reliure Renaissance de portée large et durable est celui de la bibliothèque de Jean Grolier.

Vers 1537, en effet, on peut déceler l’apparition dans sa bibliothèque d’une série d’éditions aldines précieusement reliées qui constituent un des grands jalons de l’histoire de la reliure française en inaugurant une période faste durant laquelle l’ornementation des reliures, tout en gardant sa spécificité, accompagne étroitement le mouvement décoratif contemporain.

Ces reliures, d’une facture de haute qualité, substituent à l’ornementation ponctuelle par fers et aux encadrements de filets du style Pellegrino une conception toute autre : le décor est fondamentalement constitué par des entrelacs qui structurent la surface rectangulaire des plats. Il s’agit donc, malgré la présence de quelques fers qui marquent certains points déterminants, de jeux de lignes, d’un projet essentiellement graphique, d’un travail de dessin.

Autre novation : la couvrure est faite en maroquin, un maroquin superbe, aux couleurs denses, recevant, admirablement l’empreinte dorée. L’emploi de ce matériau luxueux et coloré connaîtra, dès lors un grand succès. Associé à la dorure et plus tard à la peinture, il revalorisera la reliure de cuir, et rendra obsolètes les reliures de tissu.

On a pu avec vraisemblance attribuer ces premières reliures à entrelacs exécutées pour Grolier à Claude de Picques qui, vingt ans plus tard, portera le titre de relieur du Roi. Mais, là encore, la part du relieur ne semble pas déterminante et il faut y reconnaître l’intervention d’un ornemaniste des milieux bellifontains.

Au cours des années 1540-1550, aux teintes des maroquins s’ajoutent des couleurs peintes, d’une grande vivacité, qui mettent en évidence les jeux d’entrelacs et les formes de fers « évidés », spécialement gravés pour cerner des formes colorées.

Au milieu du siècle, ce qu’il n’est peut-être pas déplacé d’appeler un art de la reliure a conquis droit de cité et la reliure est devenue un prolongement souvent obligé de la possession des livres et un signe d’adhésion à un mode de vie et à une culture nouvelle.

D’assez nombreux personnages choisissent ainsi de donner une forme visible à l’attention qu’ils portent à se constituer une bibliothèque, tout comme auteurs et libraires tiennent à témoigner de la même manière évidente du geste qu’ils accomplissent en offrant leur livre à un protecteur. Cette pratique sociale prend une grande extension et revêt divers aspects : assez « mondaine » pour Diane de Poitiers plutôt imitative pour Catherine de Médicis, obligation seigneuriale pour Anne de Montmorency ou le cardinal Charles de Lorraine. Plus « vécu » ; plus personnel, semble le goût pour la reliure manifesté par des amateurs de statut social moins contraignant comme Sainte-Maure, Demonville Thomas Mahieu secrétaire de Catherine de Médicis, et surtout chez de nombreux amateurs étrangers tels Marcus Fugger, P E de Mansfeld gouverneur du Duché de Luxembourg, l’Anglais T. Wotton, le Flamand M. Lauweryn, etc. qui, en s’adressant à des ateliers parisiens, nous permettent de mesurer la réputation européenne que ceux-ci avaient acquise.

La plus grande reliure Renaissance en maroquin décoré, mosaïqué et peint du milieu du XVIe siècle apparue sur le marché depuis près d’un siècle. « Raphaël Esmérian » possédait une reliure in-folio exécutée vers 1555 pour Marcus Fugger adjugée 200 000 FF (30 000 €) le 6 juin 1972, il y a 48 ans, mais elle mesurait 310 mm de hauteur contre 563 mm pour ce chef-d’œuvre spectaculaire de la Renaissance. Un livre de bibliophilie se négociait alors à compter de 10 €.

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TERTII bergomatis, Francisci.