[MALEBRANCHE, Nicolas] Traité de morale, par l’Auteur De la Recherche de la Vérité.

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« Traité de morale » de Nicolas Malebranche
Édition originale du Traité de morale de Nicolas Malebranche. Exemplaire très pur conservé dans sa reliure en vélin de l’époque.

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UGS : LCS-12415 Catégorie :

Rotterdam, Reinier Leers, 1684.

Deux parties reliées en 1 volume in-12 de : (5) ff., 237 pp., (1) f. bl., 218 pp., (3) ff. de table. Relié en plein vélin ivoire de l’époque à recouvrement, dos lisse avec titre à l’encre. Reliure de l’époque.

155 x 91 mm.

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Édition originale de ce traité majeur du philosophe Nicolas Malebranche dans lequel il expose sa théorie de la morale. Brunet, III, 1336 ; Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, IV, 772.

Une autre édition du Traite de morale, portant la date fictive de 1683, figure dans certaines bibliographies, mais il s’agit en réalité d’une contrefaçon de notre édition. « Ecrit en 1683, sans doute à la prière de ses amis, le ‘Traité de Morale’ fut terminé vers octobre de la même année. L’édition parue sous l’adresse de Cologne semble être une contrefaçon de la 1ère édition, d’après J. Lelong, ‘Mémoire pour la vie de Malebranche’. Elle serait rouennaise. » (A. Sauvy, Livres saisis à Paris entre 1678 et 1701, p. 85).

Malebranche fonde la morale sur l’idée d’ordre, et dans le présent traité, l’amour de l’ordre apparaît comme la source de toutes les vertus.

« La première [partie], sur la “Vertu”, pose comme fondement de la morale la vertu essentielle : “l’amour habituel et dominant de l’ordre immuable”. L’ordre est la hiérarchie de l’Etre, la loi que Dieu lui-même suit dans l’exécution de ses projets. Les qualités de l’esprit nécessaires pour acquérir la vertu sont : la force, qui nous commande d’être attentifs à la vérité et nous empêche de nous distraire du travail méritoire de l’intellect, et la liberté qui nous permet de nous éloigner des biens finis pour ne regarder que vers l’Infini lui-même. Malebranche considère ensuite les causes occasionnelles des bons sentiments, sans lesquels on ne saurait acquérir l’amour de l’ordre, puis les causes occasionnelles de certains sentiments contraires à la grâce, et qui en diminuent l’efficacité, afin de permettre qu’on puisse mieux les éviter. La seconde partie, étroitement liée à la première, traite des “Devoirs”. Ceux-ci sont subordonnés à l’objet de l’obligation : ceux envers Dieu et ses attributs, puissance, sagesse et amour, viennent en premier. La règle pour bien les satisfaire est de se conformer à la loi, à la structure, à l’action divines, de suivre les raisons mêmes de la Trinité. On passe ensuite aux devoirs envers la société humaine, dont il ne faut considérer que la destinée éternelle des membres. Le livre s’achève sur la considération des devoirs qu’on a envers soi-même ; ceux-là consistent à travailler à son perfectionnement et à son bonheur propres. Issue du rationalisme cartésien, la morale de Malebranche reprend la dualité science-vertu, pour la transposer dans la vision totale de la réalité transcendante, en orientant toutes les exigences humaines vers leur fin éternelle. L’œuvre fait ressortir l’aspect le plus authentique de l’intellectualisme de Malebranche : l’obéissance à la loi et l’amour de l’ordre conçus comme un hommage à la raison […] Les corps sont faits pour les esprits, pour les servir ou pour les mettre à l’épreuve en vue de biens d’un ordre supérieur ; les esprits sont faits pour Dieu, la vie présente pour la vie future ; la société temporelle pour la société éternelle qui la suivra. L’ordre exige que les intérêts actuels soient subordonnés et souvent sacrifiés à ceux de la vie future. […] L’ordre de la morale repose sur une immobilité d’être, une clarté de raison, qui en constituent la première et la plus authentique valeur. » (Dictionnaire des œuvres, VI, p. 486).

Après avoir étudié la théologie à La Sorbonne pendant trois ans, Nicolas Malebranche (1638-1715) entre à l’Oratoire en 1660 et se consacre dès lors à la philosophie. Héritier à la fois de Descartes et de Saint-Augustin, il se distinguera par la publication de son premier ouvrage en 1674, De la Recherche de la vérité. En conflit avec de nombreux auteurs et philosophes de son temps, notamment Antoine Arnauld, Louis de la Ville, ou encore Bossuet, Malebranche recevra néanmoins le soutien de grandes personnalités de son époque ; parmi elles le Prince de Condé et la Princesse Palatine. « Pendant que le P. Malebranche composait à Raroy son ‘Traité de morale’, il semble que Dieu le voulut encourager par une marque sensible de sa protection, car dans le temps même que M. de Meaux et M. Arnauld lui suscitaient tant d’ennemis de toutes parts par l’autorité qu’ils s’étaient acquise dans le monde, il eut la consolation de trouver, sans l’avoir cherché, un appui considérable. M. le prince, le grand Condé, qui était un génie universel et aussi héros en matière de science qu’en matière de guerre. » (La vie du R. P. Malebranche, p. 107). Considéré par Pierre Bayle comme « le premier philosophe du siècle », Malebranche fut reçu membre honoraire de l’Académie royale des sciences en 1699.

Le présent Traité fut mis à l’Index par l’Eglise catholique en 1690.

Bel exemplaire très pur conservé dans son vélin à recouvrement de l’époque.

Provenance : Ex-libris manuscrit du « Monasterii B. Mariӕ de Bernayo. »

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Auteur

[MALEBRANCHE, Nicolas]