[COMPAGNIES DES INDES ORIENTALES] Déclarations du Roy, L’une, Portant establissement d’une Compagnie pour le Commerce des Indes Orientales. L’autre en faveur des Officiers de son Conseil & Cours Souveraines interessées en ladite Compagnie, & en celle des Indes Occidentales. Registrées en la Cour des Monnoyes le 27 janvier 1665.

Vendu

Déclarations du Roy
La charte officialisant la création de la Compagnie des Indes orientales à l’initiative de Colbert. Paris, 1665.

Rupture de stock

UGS : LCS-656 Catégorie :

Paris, chez Sebastien Cramoisy, et Sebastien Mabre-Cramoisy, 1665.

In-4 de 32 pp. Cartonnage bradel.

214 x 164 mm.

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Précieux document officialisant la création de la Compagnie des Indes Orientales à l’initiative de Colbert.

La Compagnie des Indes orientales est une entreprise commerciale, fondée par les lettres patentes du 27 août 1664, dont l’objet était de « naviguer et négocier depuis le cap de Bonne-Espérance presque dans toutes les Indes et mers orientales », avec monopole du commerce lointain pour cinquante ans. Sa création avait pour but de concurrencer les Compagnies anglaise et hollandaise des Indes orientales.

Comme tous les économistes de son époque, Colbert était persuadé que les grandes entreprises commerciales ne pouvaient réussir que par l’entremise de puissantes compagnies pourvues d’un monopole exclusif. Il pensait aussi que ces associations, même favorisées par de grands privilèges, ne pouvaient supporter les frais de premier établissement ni se soutenir dans la suite sans un appui matériel de l’État. Telles furent ses préoccupations lorsqu’il présida à l’établissement de la Compagnie des Indes orientales en 1664.

Cette volonté est explicite dans le premier feuillet de la présente charte : « Nous connaissons clairement que la felicité des peuples consiste non seulement en la diminution considerable des Impositions que nous leur avons accordées depuis deux ou trois années ; Mais beaucoup plus au retablissement du commerce de notre Royaume, par le moyen duquel seule l’abondance peut estre attirée au-dedans, & servir non au luxe & à la profusion d’un petit nombre comme celle qui provenait cy devant de la dissipation de nos finances, mais à se répandre sur le general des peuples au moyen des manufactures ; de la consommation des denrées & de l’employ d’une infinité de personnes. Entre tous les moyens que nous avons souvent examinez pour parvenir à une si bonne fin, & apres avoir fait plusieurs reflexions sur une matiere de si grande estendue, Nous nous sommes principalement attachez au commerce qui provient des voyages de long cours … ».

La  » Déclaration du Roi portant établissement d’une Compagnie pour le commerce des Indes orientales « , fut donnée à Vincennes au mois d’août 1664 et fut enregistrée au Parlement le 1er septembre. Cette déclaration comprenait 48 articles. Trois mois après l’enregistrement au Parlement de la Déclaration du Roi devait avoir lieu une assemblée générale des actionnaires pour nommer les directeurs de la  » chambre générale « . Le port de Lorient fut concédé à la Compagnie et son siège fut établi à Paris, avec douze directeurs, dont cinq provinciaux. Sa devise était celle que nous connaissons tous : “Florebo quocumque ferar” (“Je fleurirai partout où je serai porté”). Nantes fut choisi comme lieu de vente des cargaisons et Colbert recruta comme directeur Caron, chef du comptoir du Japon, ayant conquis pour la V.O.C. (compagnie hollandaise) les comptoirs de Ceylan et de Formose.

« Le projet était ambitieux et séduisant : la compagnie devait réunir des capitaux nationaux (les nobles ne dérogeaient pas en y participant) et même étrangers (une participation de 20.000 livres donnait à un étranger le statut de régnicole), avec un soutien considérable de l’Etat. Elle recevait pour 50 ans le privilège du commerce à l’Est du cap de Bonne-Espérance, aux Indes, en Extrême-Orient et dans les mers du Sud, le droit de négocier des accords, la propriété perpétuelle de l’ïle de Saint-Laurent (Madagascar) et de toutes les terres conquises sur les ennemis du Roi. La direction générale des affaires de la société devait siéger à Paris et réunir 21 directeurs, 12 de Paris et 9 des principales villes de province ». (Dictionnaire du Grand Siècle).

La Compagnie se vit définir des objectifs plus vastes que le suggérait son nom et qui étaient de trois ordres : le commerce et la lutte contre les produits anglais et hollandais ; la politique, en contribuant au développement d’une marine nationale et en affirmant la présence française sur les mers ; la culture et la religion, en propageant la civilisation française et en évangélisant les païens. Tout en échouant à créer une colonie sur l’île de Madagascar (Fort Dauphin), elle réussit cependant à établir des ports sur l’île Bourbon et l’Île-De-France, deux îles voisines, aujourd’hui La Réunion et l’Île Maurice.

Les pages 26 à 29 du présent document concernent la Compagnie des Indes Occidentales et la présence française en Amérique.

Précieux exemplaire de l’un des principaux actes de gouvernement de l’histoire commerciale et économique de notre pays. il porte des corrections manuscrites de la main de Herardin, conseiller du Roy et greffier en chef de la cour des monnaies. celui-ci a en outre signe le présent exemplaire en y ajoutant la mention : « Collationné aux originaux par Moy Conseiller du Roy et greffié en chef à la Cour des Monnoyes. Herardin ».

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[COMPAGNIES DES INDES ORIENTALES]