COLONNA, Francesco Hypnerotomachie ou Discours du Songe de Poliphile, Deduisant comme Amour le combat à l’occasion de Polia. Soubz la fiction de quoy l’aucteur montrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matières profitables, & dignes de mémoire. Nouvellement traduicte de langage Italien en François.

Vendu

Le « Songe de Poliphile », l’une des œuvres les plus marquantes de la littérature illustrée de la Renaissance.
Paris, Jacques Kerver, 1561.

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UGS : LCS-18232 Catégories : ,

Paris, Jacques Kerver, 1561.

In-folio de (6) ff., 157, (1) f. 181 gravures sur bois dans le texte dont 13 à pleine page. Mention manuscrite ancienne à l’encre sur le titre. Placé dans une reliure en vélin doré de l’époque, filet doré encadrant les plats, médaillon frappé or au centre, dos lisse orné de fleurons dorés.

336 x 225 mm.

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« La plus importante des trois éditions données par Kerver de la première traduction par Jean Martin, du plus beau et du plus célèbre livre italien de la Renaissance, publié en 1499 à Venise par Alde. » (Pierre Berès).

Brunet, IV, 779 ; Harvard, French, n°147.

Cet extraordinaire roman d’amour est l’un des plus marquants de la littérature de la Renaissance.

L’ouvrage est dédié au comte de Nanteuil de Hardouyn, Henri de Lenoncourt, gouverneur de Valois par le traducteur Jean Martin. Le livre est ainsi devenu spécifiquement français, le traducteur indiquant lui-même qu’il a œuvré à partir d’un « langage italien meslé de grec et de latin ».

Le texte, devenu surtout célèbre par la très belle édition imprimée par les Alde en 1499, est d’un intérêt capital et peut être regardé, à juste titre, comme l’une des têtes d’école du roman de fiction.

Magnifiquement imprimée par Marin Masselin, cette édition est la dernière et la plus importante des trois données par Kerver.

Elle est ornée de 181 gravures sur bois dont 13 à pleine page.

Ce sont les mêmes figures que dans la première édition française donnée par le même éditeur en 1546 ; seule une figure a été modifiée : celle, à pleine page, du feuillet B6 v°, représentant une porte antique à colonnes munies de chapiteaux dérivés de l’ordre dorique. On voit ainsi se manifester une préoccupation architecturale clairement exprimée. Dans l’édition française de 1546 et dans l’aldine de 1499, cette gravure ne montrait pas les chapiteaux des colonnes et reproduisait un dessin assez informe.

« Cette édition présente, comme celle de 1554 qui l’a précédée, une très intéressante variante par rapport à la première française de 1546. Remplaçant le privilège du 8 mars 1543 de l’édition de 1546, le verso du titre contient un feuillet rédigé en latin, signé de Jacques Gohory, d’ancienne origine familiale toscane. Proche de la Pléiade et du cercle d’Antoine de Baïf, Gohory se consacra aux études de poésie, musique, alchimie, histoire naturelle, philosophie, médecine. On lui doit la création d’une académie privée, le ‘Lyceum philosophal’, qui rivalisait avec l’Académie royale de poésie de Baïf, ainsi que la traduction française de nombreux textes latins, italiens ou espagnols.

Cette note, parue pour la première fois dans l’édition de 1554 et que l’on retrouve dans toutes les éditions ultérieures, confirme l’indication donnée par Martin dans son introduction de l’acrostiche formé par les lettres initiales de chacun des chapitres donnant la clef de la paternité de l’œuvre : Poliam Prater Franciscus Columna Peramavit (Frère François Colonna brûla d’amour pour Polia). Dans sa dédicace à Henri de Lenoncourt, son protecteur, et dans son avis aux lecteurs, Jean Martin indique qu’une traduction par un gentilhomme vertueux lui fut donnée par un ami pour être revue. Dans sa note, Jacques Gohory s’identifie comme l’ami qui transmit l’ouvrage à Jean Martin…».

N°11 Les initiales en arabesques contenant le célèbre acrostiche avec le nom de l’auteur, qui faisaient leur première apparition à Paris, ont été spécialement dessinées pour ce livre. Leur aspect est amélioré par rapport à celui de leur première utilisation dans les deux autres éditions par Kerver de l’Hypnerotomachie puisqu’elles ne sont plus entourées d’un filet comme dans l’édition de 1543. On trouve à la suite de la dédicace un poème français au verso duquel est imprimé un sonnet italien où l’on observe des variantes avec le texte publié en 1546, aussi bien dans l’original italien que dans la traduction française donnée en vers au-dessous.

Séduisant exemplaire de l’une des œuvres les plus marquantes de la littérature illustrée de la Renaissance.

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Auteur

COLONNA, Francesco