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Exceptionnel exemplaire dédicacé par Jean Paul Sartre à Simone de Beauvoir
1908-2008 : nous célébrons le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir en présentant un exceptionnel exemplaire de Situations II de Sartre qui témoigne de la relation unique entretenue par ce couple de légende.

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UGS : LCS-962 Catégorie :

SARTRE, Jean-Paul. Situations, II. [Paris], Gallimard, 1948.

In-8 de 330 pp., (6). Exemplaire broché, tel que paru. Non rogné.

187 x 107 mm.

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Edition originale tirée à 1109 exemplaires, l’un des 5 hors commerce sur vélin pur fil navarre (marqué E), second papier après les 14 exemplaires tirés sur vélin de Hollande et avant les 1040 sur alfa Navarre.

« Situations II (1948) rassemble trois textes : « Présentation des Temps modernes », « La nationalisation de la littérature » et « Qu’est-ce que la littérature ? », parus entre 1945 et 1947, et concernant tous trois la place de la littérature dans la société. « Présentation des Temps modernes » est le manifeste de cette revue, que Sartre a fondée en 1945. S’exprimant au nom de l’équipe de rédaction, Sartre expose ses desseins et ses intentions. L’écrivain doit sortir de la position en marge, de l’irresponsabilité qui découlent de son origine en général bourgeoise, et de la distance qu’il prend par rapport à cette origine, sans pour autant se ranger du côté des opprimés. Sartre veut au contraire faire de sa revue le moyen d’expression de la « littérature engagée », qui, sans se soumettre à aucun parti, contribuera à la libération de l’homme, en prenant la défense, non seulement de ses droits abstraits, mais aussi de ses exigences concrètes d’ « homme total ». « La nationalisation de la littérature » expose la situation où se trouve la littérature au lendemain de la guerre. Le rôle qu’a joué la littérature pendant la résistance a été important, c’est pourquoi on a tendance à la considérer comme un bien national, une parole officielle. On en fait une institution, on veut immédiatement porter sur elle le jugement que lui réservera la postérité tendant à supprimer, par un esprit de sérieux trop pesant, sa spontanéité et sa vie. Sartre croit nécessaire « une déflation littéraire », car la littérature s’endort dans cette officialisation. Le plus important article de ce recueil, « Qu’est-ce que la littérature ? », a été publié en 1947 dans les Temps modernes. Sartre analyse son interrogation en trois questions, « Qu’est-ce qu’écrire ? », « Pourquoi écrire ? », « Pour qui écrit-on ? », qui forment les trois parties de cet ouvrage, terminé par une quatrième étude, « Situation de l’écrivain en 1947 ». Dans la première partie, « Qu’est-ce qu’écrire ? », Sartre souligne la spécificité de la littérature par rapport aux autres arts, puisque, contrairement à eux, elle élabore un matériel verbal déjà signifiant par lui-même. Elle est donc responsable des sens qu’elle élabore, l’écrivain ne peut faire profession d’irresponsabilité. Il doit être pleinement conscient de ses moyens et de son but, ce qui renvoie à la question : « Pourquoi écrire ? ». L’écrivain écrit avant tout pour être lu, son ouvrage se situe dans l’univers de la communication. L’écriture renvoie donc à une lecture, ce qui amène à se poser cette troisième question : « Pour qui écrit-on ? ». Sartre insiste alors sur les contradictions qu’engendrent chez l’écrivain ses origines le plus souvent bourgeoises, et l’universalité à laquelle il aspire : il veut s’adresser à tous. […]. Dans la dernière partie, « Situation de l’écrivain en 1947 », Sartre définit de façon plus précise le rôle de l’écrivain français. » (Dictionnaire des Œuvres, VI, 154). Exceptionnel exemplaire dédicacé par l’auteur à Simone de Beauvoir. Jean-Paul Sartre a judicieusement utilisé le terme « Situations » du faux titre pour rédiger une dédicace très personnelle : « A Simone en souvenir de toutes les [Situations] pénibles ou agréables où nous nous sommes trouvés ensemble avec l’amitié de Jean-Paul ».

C’est en 1929 que Simone et Sartre se rencontrent à la Sorbonne et que leur vie commune débute, ainsi qu’une collaboration et un dialogue intellectuel permanents qui dureront plus de cinquante ans. Le modèle du couple Beauvoir-Sartre représente un idéal : cette relation unique repose à la fois sur un respect de la liberté de chacun et sur une égalité dans le poids intellectuel des deux amants. Ce couple a marqué de son empreinte le XXe siècle et continue de fasciner.

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