LE PRÉSIDENT HÉNAULT, Charles-Jean-François. Nouvel abrégé chronologique de l’Histoire de France. Contenant les événemens de notre histoire depuis Clovis jusqu’à la mort de Louis XIV, les guerres, les batailles, les sièges, &c. Quatrième édition. Faite sur la troisième, & ornée de vignettes & fleurons en taille-douce.

Prix : 9.500,00 €

Très bel exemplaire provenant de la bibliothèque de Bellevue, relié en maroquin citron de l’époque aux armes de Madame Sophie, fille de Louis XV.
« Cet ouvrage, dit Desessarts, suppose des connaissances très profondes dans notre histoire. Plus on en a fait soi-même une étude réfléchie, plus on est étonné qu’un livre où toutes les matières ne paraissent pour ainsi dire qu’effleurées, présente une notion si exacte, si précise de tout ce que les annales françaises renferment de plus intéressant. D’autre part, il renferme des portraits bien tracés, des observations judicieuses, de fines appréciations. »

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Paris, Chez Prault père & fils, Desaint & Saillant, 1752.

In-4 de (2) ff. de faux-titre et titre, viii pp. d’avertissement, 636 pp. de texte, (28) ff. Maroquin citron, triple filet doré autour des plats, armoiries frappées or au centre, « Bellevue » frappé or sur le plat supérieur, dos orné de filets et fleurons, tranches dorées. Reliure en maroquin citron armoirié de l’époque.

255 x 194 mm.

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Magnifique édition de l’histoire de France du président Hénault.

Elle est ornée d’1 fleuron sur le titre par Cochin, 3 lettres ornées par Chedel, 3 vignettes et 36 culs-de-lampe par Cochin.

Par sa fortune, et ses soupers, par sa conversation et par son esprit, Hénault acquit vite d’illustres amitiés ; il fut l’ami du duc de Bourbon, de la duchesse du Maine, de Mme du Deffand, de Marie Leczinska. Il fréquenta ainsi les salons les plus influents, les plus intelligents aussi, de son époque.

Son « Abrégé Chronologique » fut accueilli avec une faveur unanime et obtint un succès prodigieux. Ce succès tient à deux causes : à un état d’esprit général, au mérite de l’ouvrage.

Les éducateurs de la jeunesse ne faisaient point de place alors à l’histoire dans leurs programmes. Même les Oratoriens, qui étaient pourtant des novateurs, ne lui reconnurent point la vertu éminente de former l’esprit des enfants, et, chose singulière, la plupart des réformateurs contemporains, qui réclament une instruction classique plus scientifique, se montrent assez peu généreux pour l’enseignement de l’histoire. Pourtant un mouvement très marqué entraîne invinciblement, selon nous, les hommes du milieu du XVIIIe siècle vers l’étude des antiquités nationales. Descartes a fait douter le monde, et le monde peu à peu s’est pris à douter de tout ; les philosophes ont cherché dans la critique des livres saints la preuve de la fausseté des religions dominantes ; ils ont cherché à découvrir, non pas seulement l’évolution des croyances, mais l’évolution des peuples ; ils ont espéré trouver, dans la critique des siècles passés, des arguments contre certaines institutions contemporaines, qu’ils estiment néfastes, contre la suprématie pontificale : le développement des idées gallicanes a contribué plus qu’on ne le suppose à celui des idées historiques. Mais ces hommes de 1740 n’ont point de livres qui puissent satisfaire leur curiosité ; ils ne disposent que de volumes compacts, où l’attention s’égare, et dont la forme ne s’accorde pas plus que l’esprit au goût du jour, ou de bréviaires, inintelligents, mal informés, arides, que, malgré tout leur désir d’apprendre, il faut bientôt abandonner.

Le livre d’Hénault parut au moment où l’histoire passionnait les honnêtes gens, et ce fut la première raison de son succès ; mais il faut reconnaître aussi qu’il était supérieur de beaucoup aux ouvrages concurrents, et que la faveur avec laquelle il fut accueilli est justifiée par ses mérites. Sans doute, aujourd’hui, l’Abrégé chronologique ne peut plus rendre de services, et la lecture n’en est pas recommandable : la science a, depuis 250 ans, étonnamment progressé. Mais, en son temps, et pour son temps, l’Abrégé fut un ouvrage tout à fait remarquable et vraiment nouveau. Comme Voltaire, Hénault voulut faire une histoire de la civilisation, en même temps qu’une histoire des événements ; un des premiers en France, sinon le premier, il fit place, dans son livre, malgré les proportions exiguës de celui‑ci, à l’étude des mœurs et des coutumes ; il insista sur les institutions. Bien plus, il n’accepta point comme parole d’Évangile les récits de ses devanciers ; il voulut se renseigner par lui-même ; il procéda à une enquête assez étendue et minutieuse ; il compulsa des actes, des documents officiels, et c’est de la comparaison de tous les textes qu’il avait réunis qu’il éclaira sa religion. Il rejeta certaines erreurs qui avaient cours avant lui, et fit ainsi un sérieux effort de critique. Ce qui prouve d’ailleurs sa conscience et sa volonté d’être exact, c’est le soin avec lequel il rectifie, dans les éditions successives de son ouvrage, les erreurs qui lui avaient d’abord échappé, et la persévérance avec laquelle il continua, toute sa vie, de se documenter et de réfléchir. Un livre qui a occupé toute une existence mérite bien quelque respect, et doit présenter quelque utilité, quand elle a pour auteur un homme comme Hénault, et que cet homme est mort à 85 ans ; et ce qui prouve la vérité de cette hypothèse, c’est que, pendant plus d’un demi-siècle, on s’est servi de l’Abrégé, on ne l’a pas remplacé. Léon Cahen.

 

Précieux exemplaire provenant de la bibliothèque de Bellevue relié en maroquin citron aux armes de Madame Sophie-Philippine-Elisabeth-Justine de France, huitième enfant de Louis XV, née à Versailles le 27 juillet 1734, appelée Madame Cinquième jusqu’en 1745, date à laquelle elle prit le nom de Madame Sophie ; très timide, elle vécut très effacée et mourut à Versailles le 3 mars 1782, léguant une partie de sa bibliothèque à la marquise de La Porte de Riants, sa dame d’honneur.

Les volumes ayant appartenu à Mesdames de France, filles de Louis XV et de Marie Leczinska, ne se distinguent que par la couleur du maroquin sur lequel sont frappées leurs armes. Madame Adélaïde faisait revêtir les siens en maroquin rouge, Madame Victoire, en vert, et Madame Sophie, en citron. Ces ouvrages, qui étaient reliés par Fournier, à Versailles, et par Vente, concernaient pour la plupart la religion, la littérature, l’histoire et les voyages.

Très bel exemplaire.

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Informations complémentaires

Auteur

LE PRÉSIDENT HÉNAULT, Charles-Jean-François.

Éditeur

Paris, Chez Prault père & fils, Desaint & Saillant, 1752.