VOLTAIRE Théâtre complet

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Le « Théâtre complet » de Voltaire
Le Théâtre complet de Voltaire conservé dans ses reliures en maroquin rouge de l’époque aux armes de Béatrix de Choiseul-Stainville, duchesse de Gramont, sœur du duc de Choiseul, ministre des affaires étrangères de Louis XV.

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UGS : LCS-6948 Catégories : , ,

Genève, 1768.

Théâtre complet en 5 tomes (Théâtre T. 1 à T.5, soit les tomes 3 à 7 de la « Collection Complète des Œuvres de Voltaire » imprimée à Genève, 1768-1774 en 30 vol.). Illustration : 32 figures hors texte.
L’ensemble a été relié sans le frontispice. 5 tomes en 5 volumes in-4 reliés en plein maroquin rouge de l’époque, triple filet doré encadrant les plats, grandes armes frappées or au centre, dos à nerfs finement ornés, pièces de titre et de tomaison de maroquin brun, double filet doré sur les coupes, roulette dorée intérieure, tranches dorées sur marbrures. Reliure de l’époque. 269 x 208 mm. Le Théâtre complet de Voltaire, en partie revu par l’auteur. Cohen 1040 ; Brunet, V, 1353.

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Il s’agit de la première édition illustrée au format in-4, qui comprend 32 figures hors texte en premier tirage par Gravelot gravées par de Launay, de Lorraine, Duclos, Flipart, Helman, Le Vasseur, Leveau, de Longueil, Masquelier, Massard, Née, Ponce, Rousseau, Simonet et Tilliard.

Dès l’année 1761, les Cramer songeaient à donner des Œuvres de Voltaire une nouvelle édition « avec de très belles estampes ».

« J’ai lu cette nouvelle édition in-4 qu’on débite à Paris de mes Œuvres, écrit Voltaire à Panckoucke le 1er février 1768. Je suis très satisfait de l’exactitude et de la perfection de cette édition. Je trouve que tout est beau ».

Voltaire a mené une carrière d’homme de lettres autant dans le domaine de la poésie que dans celui du théâtre. C’est d’ailleurs pour ses pièces qu’il souhaitait être reconnu de la postérité. La présente édition comporte les pièces les plus connues de l’auteur, à savoir : Zaïre, Adélaïde du Guesclin, Alzire ou les Américains, Mahomet ou le Fanatisme, La Mérope française, Sémiramis, Nanine, ou le préjugé vaincu, Le Duc de Foix, L’Orphelin de la Chine, Le Café ou l’Écossaise, ou encore Les Scythes. Les aspects exotiques de certaines pièces sont inspirés des Lettres édifiantes et curieuses dont il était un lecteur avide. Il fut du reste considéré, en son siècle, comme le successeur de Corneille et de Racine, parfois même leur triomphateur ; ses pièces eurent un immense succès, et l’auteur connut la consécration en 1778 lorsque, sur la scène de la Comédie-Française, son buste fut couronné de lauriers, devant un parterre enthousiaste.

« ‘Zaïre’ a ravi tout le XVIIIe siècle, et, malgré les critiques qu’elle a essuyées depuis, elle n’en reste pas moins une des œuvres capitales de notre théâtre tragique. Elle consacrait le génie du poète, jusqu’alors contesté. Disciple de Corneille et de Racine, Voltaire commence par marcher sur leurs traces, mais en apportant à la scène, dès son début, la liberté de pensée qui anime toutes ses œuvres. L’étude du théâtre anglais fortifie son génie et lui ouvre quelques routes nouvelles. Lisez par exemple, dans une publication importante, les ‘Annales dramatiques, ou Dictionnaire général des théâtres’ (1842), l’article ‘Voltaire’. Voltaire, comme poète dramatique, y est placé résolument au-dessus de Corneille et de Racine: < ‘Corneille, Racine, Crébillon, dit l’auteur de cet article, n’ont guère songé, en composant leurs pièces, ni à corriger les mœurs ni à éclairer les spectateurs. Suivant tout bonnement l’instinct de leur génie ou la voie de leur intérêt, ils ont fait des tragédies uniquement pour faire des tragédies. Quelques-unes même de leurs pièces sont une école de mauvaises mœurs. Voltaire s’est presque toujours proposé un but moral, et n’a cherché à faire pleurer que pour attendrir les humains sur les malheurs de la vertu et exciter l’indignation contre le crime. Dans Sémiramis, il nous inspire la plus profonde horreur pour les crimes secrets; Zaïre nous fait voir les suites funestes de la jalousie; Adélaïde du Guesclin, l’empire de l’amitié fraternelle sur les cœurs honnêtes; l’Orphelin de la Chine, les avantages d’un peuple civilisé sur un peuple barbare et Mahomet les fureurs du fanatisme. Cette tragédie de Mahomet est, selon nous, la plus grande leçon qu’on puisse donner aux peuples; c’est la plus grande preuve de la sublimité du génie de Voltaire. Disons-le au risque de déplaire à quelques enthousiastes: Racine est le peintre des femmes, Voltaire, celui des hommes. Phèdre, Roxane, Hermione, etc., sont tracées de main de maître et avec une supériorité que personne ne conteste. Voltaire, en peignant les passions des hommes, a la même supériorité que Racine lorsqu’il peint les passions des femmes. ‘Après avoir comparé Voltaire aux tragiques français ses compatriotes, qu’il nous soit permis de jeter un coup d’œil rapide sur les imitations qu’il a faites des anciens. Il a débuté dans la carrière dramatique, à l’âge de dix-huit ans, par la tragédie d’’Œdipe’. Voyez l’’Œdipe’ de Sophocle et celui de Sénèque. Corneille avait manqué ce sujet difficile. Voltaire osa le traiter après le père de notre tragédie, et triompha tout à la fois de Sophocle, de Sénèque et de Corneille. ‘Il a puisé dans l’’Othello’ de Shakespeare le sujet de sa tragédie de ‘Zaïre’; il l’emporte encore sur l’Anglais. Cette tragédie de Voltaire a été traduite en anglais et représentée sur le théâtre de Londres concurremment avec ‘Othello’. Les Anglais eux-mêmes ont donné la préférence à ‘Zaïre’.’ » Louis MOLAND.

Précieux exemplaire spécialement relié en maroquin rouge de l’époque aux armes de Béatrix de Choiseul-Stainville (1730-1794), duchesse de Gramont, sœur du duc de Choiseul, ministre des affaires étrangères de Louis XV. « Elle exerça par son courage et son énergie viriles une très grande influence sur son frère. Elle épousa le 16 août 1759 Antoine-Antonin, duc de Gramont, pair de France, gouverneur de la Navarre et du Béarn, dont elle fut la seconde femme. Elle mourut sur l’échafaud le 17 avril 1794. La duchesse de Gramont avait rassemblé une bibliothèque considérable reliée en maroquin rouge ou vert. » (Olivier, pl. 2160).

   

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