Parigi 1762. Appresso Durand.
In-8. Veau blanc, armoiries aquarellées sur fond de paillons roses sous mica, sur le plat supérieur, chiffre entrelacé et doré frappé sur fond de paillons roses sous mica sur le second plat, d’un semé de fleurettes dorées et de pièces de maroquin rouge, brun, havane, dos à faux nerfs orné de pièces de maroquin citron, brun et vert, coupes décorées, doublures et gardes de tabis bleu, tranches dorées. Reliure de l’époque de Louis-François Lemonnier reçu maître en 1737 devint garde de la communauté en 1756.
202 x 132 mm.
Somptueuse reliure mosaïquée réalisée pour le roi d’Espagne Charles iii (1716-1788), second fils de Philippe v, par le célèbre relieur parisien Louis-François Lemonnier qui rehaussa l’effet de couleurs en ajoutant des paillons sous mica.
Technique assez spéciale et de grand luxe, le mosaïqué est à la mode de 1718 jusqu’à la fin des années soixante-dix, avec quelques rares exemples dans la dernière décennie du siècle.
Il sert surtout pour les livres de présent et, de 1755 à 1772, on tente même d’en rehausser l’effet de couleurs en ajoutant des paillons sous mica.
Louis-François Lemonnier fut reçu maître en 1737 et devint garde de la communauté en 1756.
« Thoinan et, après lui, E. Dacier remarquent à juste titre que la qualité de ses dorures dénote le travail de plusieurs mains. Il n’en est pas moins vrai que certaines particularités de style et d’exécution indiquent que toutes ces reliures sortent d’un seul atelier auquel on peut également attribuer avec certitude un certain nombre de reliures non signées.
Parmi ces particularités, nous noterons surtout les suivantes : emploi fréquent du veau blanc pour les fonds ; décor entièrement dessiné aux filets sans adjonction de fers ; légers traits d’or parallèles pour faire jouer les oppositions de couleurs ; dans les fleurs, nervures en arête de poisson dessinées à l’aide de petits éléments de filets droits et courbes et cœurs pointillé d’or ».
« Du point de vue du décor, toutes ses reliures se divisent en trois grandes séries. La première, participe du goût qui s’établit au milieu du siècle pour les chinoïseries. La seconde série est, plus simplement ornée de fleurs ».
« La troisième série, avec le « Doctrinal – d’Aix-en-Provence (n° 12), le « Nouveau Testament » de Vienne (n° 11), le « Roman de Merlin », de l’ancienne collection Ashburnham (n° 17), le « Mystère de la Passion » de Chantilly (n° 32), le « Baccius » de l’ancienne collection Wilmerding (n° 72), le « Curio » de l’ancienne collection W. Haff (n° 88), est formée de très élégantes reliures de maroquin clair ornées seulement d’un encadrement sur fond pointille avec feuilles, rosaces et fleurons mosaïques. » Louis-Marie Michon. Les reliures mosaïquées du XVIIIè siècle.
Le volume porte l’étiquette « relié par Padeloup le jeune Place Sorbonne à Paris » comme certains chefs-d’œuvre de la reliure mosaïquée du XVIIIè siècle après la mort de Padeloup survenue en 1758 en hommage au plus illustre relieur du siècle.
Antoine-Michel Padeloup est le premier relieur à utiliser des étiquettes gravées pour signer ses reliures, principe qu’il inaugure sur certaines des reliures qu’il exécute dès 1731. Ces étiquettes sont indifféremment collées sur les gardes volantes, la page de titre ou le feuillet final de l’ouvrage. Cette première étiquette (étiquette A) est ainsi libellée : « Relié par Padeloup le jeune / Place Sorbonne à Paris » ; dimensions : L. 31 x h. 6 mm. Lorsqu’il est nommé relieur du roi en août 1733, Padeloup fait réaliser une deuxième étiquette (étiquette B) mentionnant ce titre : « Relié par Padeloup Relieur du / Roy, place Sorbonne à Paris » ; dimensions : L. 31 x h. 6 mm.
Chef-d’œuvre de reliure mosaïqué ayant figure à l’exposition de 1949 avec cette étiquette « Ce livre a figure à l’exposition « Dix siècles de livres français » (Lucerne 9 juillet – 2 octobre 1949) sous le n° 383 du catalogue. »
De la bibliothèque Émile Rossignol avec ex-libris vendu 345 000 FF (52 750 €) le 5 juin 1998, il y a 28 ans (Réf : Manuscrit et Livres précieux, n ° 185).