A Paris. Chez Clavde Collet au Palais, en la Gallerie des Prisonniers, à l’Estoille d’Or. M.DC.XXXII. Auec Priuilege du Roy.
In-4, pp. 16, (1) f.bl., 308 pp., gravures dans le texte pp. 245, 291, 299 et 304, gravures à pleine page pp. 259 et 265.
Seconde Partie : 310 pp., (1) f. bl., Doctrine Chretienne 20 pp., Traitté de la marine et du bon marinier par Le Sieur de Champlain, 54 pp., 1 carte p. 23, Table, 8 pp.
Map, Nouvelle France, 1632, 2 sheets, 520 x 860 mm.
Plein vélin ivoire, dos lisse, tranches jaspées. Reliure de l’époque.
224 x 163 mm.
« The best edition. »
L’exemplaire complet, en vélin de l’époque, du protégé de Fouquet.
« Edition excessivement rare et recherchée. C’est de toutes les éditions du livre de Champlain, la plus complète ». (Leclerc, Bibliotheca Americana).
« Édition la plus complète et très rare de Champlain ». (Chadenat).
Les différentes éditions anciennes sont recherchées et le 17 janvier 2024 Christie’s New York adjugeait $ 1,321,000 l’édition des Voyages de Champlain de 1613.
« Of all the editions of Champlain, this is the only complete one… » (Church, Americana).
« It is perhaps the most important of the old editions, as it contains a collective narrative embodying a review of all preceding French expeditions to the New World, followed by and interwoven with Champlain’s own voyages to Canada: a short account of the First (1603), which had been published in 1604 and abridgment of the Second, Third, Fourth, Fifth, and Sixth (1608-1613), as they had been published in the volume dated 1613. These voyages end on p. 210. Pages 239-308 contain the Seventh Voyage (1615-1616), while the Eighth Voyage (1617) is only mentioned between pp. 211 and 214 as unimportant. The Second Part contains the Ninth Voyage and a History of Canada (1620-1631), pp. 1-310 , a Treatise on Navigation, pp. 1-54 ; followed by the Doctrine Chreftienne, du R. P. Ledesme and l’Oraison Dominicale par le R. P. Massé, with separate signature-marks and pagination. This was the last of Champlain’s works. » Church.
L’édition, dédicacée au cardinal de Richelieu est ornée de 6 gravures en taille-douce dont 4 dans le texte et 2 à pleine page, montrant notamment l’attaque d’un village iroquois, une chasse de cerfs, un rituel, etc. et de deux gravures sur bois dans le texte dont l’une représente l’exemple d’une carte de navigation.
Samuel de Champlain, fondateur de Québec et gouverneur de la Nouvelle France, naquit vers 1570 en Saintonge d’une famille protestante. Il servit le parti d’Henri IV, pendant les dernières guerres de la Ligue, en faisant des courses sur les côtes de Bretagne. Après la paix de 1598, le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, ayant obtenu de Henri IV une commission pour créer de nouveaux établissements dans l’Amérique septentrionale, associa Champlain à cette grande entreprise.
Champlain s’embarqua à Honfleur et mouilla le 24 mai 1603, au Havre de Tadouzac, situé dans le Saint-Laurent. Il y laissa son navire et remonta le fleuve avec une petite barque jusqu’au saut de Saint-Louis où Jacques Cartier s’était arrêté dans son dernier voyage ; puis il pénétra dans l’intérieur des terres et en dressa la carte qu’il rapporta en France avec une relation détaillée de son voyage.
Champlain retourna dans le nouveau monde et y séjourna 3 ans. Il fit, sur les côtes et dans l’intérieur des terres de nombreuses explorations, consignées dans ces voyages.
De retour en France en 1607, Champlain n’y resta que six mois et repartit pour un troisième voyage, avec les titres de géographe et de capitaine pour le roi ou la marine. Cette troisième expédition fut la plus importante. Remontant le Saint-Laurent avec l’intention de former un établissement permanent dans le Canada, il choisit un lieu situé à environ 130 lieues de l’embouchure de ce fleuve et où ses rivages se resserrent tout à coup. Il y jeta en 1608 les fondements de la ville de Québec, dont le nom veut dire « détroit ». L’année suivante, Champlain poussa plusieurs reconnaissances sur le Saint-Laurent, soutint les Algonquins contre les Iroquois et après avoir donné la victoire à ses alliés, donna son nom au lac sur les bords duquel la bataille s’était livrée ; puis il descendit la rivière qui met en communication ce lac avec le Saint-Laurent et qu’il nomma Richelieu. Il revint ensuite à Québec et de là, en France.
De retour au Canada en 1610, il battit de nouveau les iroquois. Stimulé par la découverte de l’anglais Hudson, il voulut chercher par le nord de l’Amérique, une route pour aller en Chine. Une première excursion qu’il fit à la rivière Ottawa fut sans résultat et bientôt, il dut revenir en France, pour y recruter des bras au service de sa colonie. Il y ramena, en 1615, des religieux de l’ordre des récollets, qui l’aidèrent dans son œuvre en répandant la foi chrétienne dans la Nouvelle-France. Puis, reprenant son projet de découvrir un passage au nord-ouest, il remontât de nouveau l’Ottawa, et, s’avançant, tantôt en canot, tantôt par les terres, il parvint au lac Huron, dont il côtoya les rivages méridionaux, puis se dirigea par les plaines jusqu’à l’Ontario, qu’il traversa.
Après avoir secouru les Hurons contre les Iroquois, il passa l’hiver au milieu des populations algonquines, dont il étudia les mœurs et la langue. Il les quitta en 1616, et retourna de nouveau en Europe l’année suivante.
En 1620, il revint au Canada pour la cinquième fois, avec le titre de lieutenant général du maréchal de Montmorency, nommé vice-amiral de la Nouvelle-France.
« Après le traité de Saint-Germain-en-Laye (1630), la France rentra en possession du Canada, et Champlain y fut envoyé comme gouverneur en 1633. C’est à partir de cette époque que ce pays a reçu ses plus considérables accroissements ; c’est au courage de Champlain, à son administration éclairée, à sa persévérance qui surmontait tous les obstacles, que la France dut la fixité de ses établissements dans la nouvelle colonie. Il transforma rapidement la bourgade de Québec en une ville florissante, secondé en cela par les Indiens, dont il avait su se concilier l’affection, et sur lesquels il exerçait un grand empire. Pendant la courte domination des Anglais, les naturels s’étaient retirés, fuyant toute communication avec eux ; lorsque la paix y ramena les Français, on vit les Indiens accourir à eux et renouer avec empressement leurs relations interrompues. Champlain mourut à Québec, entouré de l’estime et de la vénération de tous. On lui doit un Traité de navigation, publié en 1632, et la relation de ses Voyages, qui comprend ses navigations et ses découvertes depuis 1603 jusqu’à 1629. » Pierre Larousse.
L’importance des cartes de Champlain ressort de cette analyse.
« This is a crucially important Americanum, with accounts of Champlain’s voyages to America between 1604 and 1613. The large two-sheet map, prepared in Paris in 1612, is absent in many of the extant copies; as Burden notes it is very rare. It exists in but a single state, and was never reissued. He notes « Although often lacking from the book, the map is the first to indicate a chain of Great Lakes, Lake Champlain and Montreal. » Champlain’s efforts were crucial in establishing a French presence in the New World. Again Burden: « The work was part of the overall plan to gain as much support as possible for the fledgling colony. It is interesting to note that Champlain relies only on his own knowledge and that of the native Indians for his geography. Other European sources that he had not substantiated he depicted with honesty and care. Particularly noticeable are the northern shore of the Gulf of St. Lawrence and the Maritimes marked with the legend L’auteur na point encorre recognu sette coste. Montreal is shown just a year after Champlain set up a trading post there. However, it was not to be permanently occupied until 1642. The area further upriver is derived from Indian sources. Lake Ontario, depicted quite accurately, is marked Lac Contenant 15 lournees des canaux des sauuages. At the western end of the lake is sault de au, the first reference on a printed map to Niagara Falls.
The other large map, the Carte geographique de la Nouelle franse en son vray moridia is almost as scarce as its larger companion, and is also singularly important. « The map related the numerous voyages of Champlain to 1611, and of the English further to the north. Most particularly recorded is the discovery by Henry Hudson of the bay named after him. It is noted on the map, with the legend noticeably in English, the bay wher hudson did winter. In this map’s second state it also records Champlain’s voyage during 1613 some distance up the Ottawa River. This map has both latitude and longitude, « something virtually never attempted before on a North American map of such detail. Champlain’s acute awareness of the deviation of the compass enables him to portray the St. Lawrence River in its more correct south-west to north-east flow rather than the more usual west to east » (vide Burden). This is the second and most complete state of the map, i.e. with the course of the Ottawa, the sea monster at upper right and the 1613 date.
À la suite des Voyages figurent 3 autres textes, à savoir :
- Doctrine chrestienne, du R. P. Ledesme de la compagnie de Jésus. Traduicte en Langage Canadois, autre que celuy des Montagnars, pour la Conversation des habitans dudit pays (10 pp.) par le missionnaire jésuite Saint Jean de Brébeuf (1593-1649). Comprend dans une seconde partie L’Oraison dominicale, traduite en langage des Montagnars de Canada par le missionnaire jésuite Ennemond Massé (1574-1646).
- Traitté de la marine et du devoir d’un bon marinier (54 pp.) par Samuel Champlain. Édition originale de cet intéressant traité riche de l’expérience du géographe.
- Table pour cognoistre les lieux remarquables en ceste carte (8 pp.).
Galeries de vers dans les marges de plusieurs feuillets, avec légères atteintes au texte. Rousseurs et quelques petites mouillures.
Le titre porte l’ex-libris manuscrit en latin : « pecquet, assegon doct. Med. Monsp (Montispessulani) » du médecin et anatomiste Jean Pecquet (1622-1674), un des pionniers de la physiologie. Il acheva ses études de médecine à Montpellier, grâce au financement et à la protection de Nicolas Fouquet. Colbert le désigna comme membre de l’académie des sciences en 1666. Le lien avec la famille Assengon apparaît avec sa nièce Hélène Brocard, sa seule héritière, qui épousa Charles Assengon, médecin de la duchesse de Montpensier.
Précieux exemplaire en vélin de l’époque de Jean Pecquet, le protégé de Nicolas Fouquet, bien complet de la grande et précieuse carte mesurant 520 x 860 mm.
L’exemplaire Streeter en maroquin moderne et dont la grande carte était entièrement doublée de tissu fut adjugé USD 264 000 le 16 avril 2007 il y a 18 ans.







