A Paris, chez Iean Gesselin, rue sainct Iacques, à la belle Image : & en sa boutique au Palais en la gallerie des prisonniers. m.dc.xxvii.(1627). Avec privilège du Roy.
1 volume in-8 de (4) ff. (bien complet du feuillet blanc a4 qui manque souvent), 230 pages, (1) f., ex libris manuscrit sur le titre, pt. manque de papier en marge des pp. 97 à 105 sans atteinte au texte, pte. galerie de vers en marge de qq. ff., plein vélin, qq. défauts à la reliure, première garde blanche effrangée. Reliure de l’époque.
166 x 106 mm.
Le premier voyage anglais autour du monde commencé en 1577 traduit en français par F. de Louvencourt, Sieur de Vauchelles.
Alden-L. 627/121 ; Sabin 20845 ; JCB II, 208
Édition originale française de référence en 230 pages, très augmentée par rapport à la première de 1613 qui ne contenait que la première partie en 90 pages.
La bibliographie de D.B. Quinns montre qu’aucune carte ne fut publiée dans les éditions françaises de 1613 et 1627.
Drake partit de Plymouth le 13 novembre 1577, et entra dans le détroit de Magellan, le 20 août 1578. Parvenu à la sortie du détroit, le 6 septembre, il subit le lendemain une tempête qui le fit dériver au sud. Revenu à l’extrémité du détroit, il imposa à la baie où il mouilla, le nom de Parting of Friends (la Séparation des amis), parce qu’en la quittant un de ses vaisseaux fut séparé de lui. De nouveaux coups de vent le poussèrent derechef dans le sud ; il se trouva parmi des îles que les géographes ont longtemps placées, sur les cartes, à 800 kilomètres à l’ouest de l’Amérique ; mais Fleurieu a démontré leur identité avec ces îles nombreuses et encore mal connues qui forment la partie occidentale-méridionale de l’archipel de la Terre-du-Feu, et a prouvé aussi que Drake reconnut alors le Cap de Horn, découverte dont la gloire aurait dû lui rester. Le 20 novembre, Drake arriva à la vue de l’île Mocha, au sud du Chili, où il avait fixé le rendez-vous de sa flotte. Ne voyant paraître aucun de ses vaisseaux, il continua sa route au nord, le long des côtes du Chili et du Pérou, saisissant toutes les occasions de s’emparer des navires espagnols et de faire des descentes à terre. Son équipage étant, en quelque sorte, rassasié de pillage, il suivit la côte de l’Amérique septentrionale jusqu’au 48ème parallèle boréal, espérant trouver un passage pour rentrer dans l’océan Atlantique. Déçu dans son attente, et forcé par la rigueur du froid de rétrograder jusqu’au 38ème, il donna au pays où il répara son vaisseau le nom de Nouvelle-Albion, en prit possession au nom de la Reine Elisabeth, et le 29 septembre 1579, dirigea sa route vers les Moluques. Le 13 octobre il rencontra des îles habitées par les hommes les plus babares qu’il eût vus dans son voyage, et le 4 novembre il mouilla à Ternate. Il manqua de périr, près de Célèbes, le 6 janvier 1580 . Il voulait, à son départ de Sumatra, aller à Malacca ; mais les circonstances l’obligèrent à prendre la route de l’Angleterre. Il rentra à Plymouth le 3 novembre.
Son voyage autour du monde donne une preuve manifeste de son courage, de son intelligence et de son habileté à tenir son équipage dans le devoir ; car toutes les expéditions de ce genre, tentées depuis Magellan, avaient échoué de la manière la plus triste. Drake entendait parfaitement toutes les parties de l’art nautique. On ne peut, au reste, assez admirer la hardiesse des navigateurs modernes qui, les premiers, tentèrent de parcourir des mers inconnues, sur des vaisseaux dont la petitesse est vraiment surprenante. Drake, dans son voyage autour du monde, montait un bâtiment de 100 tonneaux, qui était le plus grand de sa flotte. Fleurieu a donné sur les diverses relations du voyage de Drake une notice qui est pleine d’intérêt : François Pretty, gentilhomme picard employé sur l’escadre de Drake, écrivit en Anglais le journal de sa navigation, sous le titre de The famous Voyage of Sir Francis Drake into the south sea, and hence about the whole globe of the Earth, Londres, 1600, in-12. François de Louvencour en a donné une traduction française, intitulée : le Voyage curieux fait autour du monde, par François Drach, amiral d’Angleterre, Paris, 1627, in-12 ; ib., 1641. Le traducteur dit, dans sa préface adressée à Saint-Simon, baron de Courtomer : Je vous le dédie parce que c’est vous qui me l’avez donné, m’ayant fait entendre que vous l’aviez eu d’un de vos sujets de Courtomer, qui a fait le même voyage avec ce seigneur. Nuńo de Sylva, pilote portugais, que Drake avait fait prisonnier aux îles du Cap Vert, donna le premier une relation du même voyage. Hackluyt inséra dans le tome 6 de sa collection, imprimé en 1600, une copie des deux relations précédentes. Théodore de Bry avait fait imprimer, dès 1599, dans le tome 8 de son recueil une traduction latine de la première relation (par Artus). Celle-ci se trouve aussi dans le tome 1er du recueil de Purchass, et dans tous les recueils publiés dans les différentes langues de l’Europe.
Bel exemplaire de cette originale française fort rare, conservé dans sa première reliure en vélin de l’époque.

