A Amsterdam, Chez R. et J. Wetstein & G. Smith, 1732.
2 volumes in-folio de : I/ (4) ff. y compris le frontispiece grave, 247 pp., 70 gravures dans le texte, pte. déch. en marge inf. de 2 ff. sans manque ; II/ (4) ff., pp. 249 à 524, (2) ff., 60 gravures dans le texte.
Plein maroquin rouge, plats ornés d’une large dentelle florale dorée, dos à nerfs richement ornés, pièces de titre de maroquin vert, coupes décorées, tranches dorées. Reliure en maroquin à dentelle de l’époque.
452 x 298 mm.
Edition originale de la traduction d’Antoine Basnier, imprimée sur grand papier de Hollande.
« Magnifique ouvrage » mentionne Cohen. (Guide de l’amateur de livres à gravure 768).
Ce livre fut imprimé avec les traductions françaises, anglaises et hollandaises.
Ce luxueux ouvrage est orné de 130 admirables estampes en premier tirage (230 X 165 mm) illustrant chacune des métamorphoses.
Le texte est ainsi orné de 130 figures dessinées par Picart, Lebrun, Leclerc, Maas, Punt, J. Romain, Tosca, De Wit et Wandelaar et gravées par Martin Bouche, P.P. Bouche, Bouttats, Folkema, V. Gunst, Jungmann, Schenk et Wandelaar.
Parmi ces figures trois grandes planches tirées à part dans le second tome contiennent chacune deux belles figures par Lebrun, gravées par Folkema.
Un superbe frontispice à pleine page dessiné par Picart représentant les dieux de l’Olympe orne l’édition et symbolise l’ensemble des Métamorphoses.
Deux fleurons sur les titres par Overbeke, 1 vignette en tête de la dédicace au Roi par Louis Fabrice Du Bourg et divers culs-de-lampe, complètent l’ornementation extrêmement raffinée de l’édition.
Cette édition originale somptueuse allie ainsi à la qualité de la typographie présentant les textes en caractères romains et italiques alternés, l’élégance de la mise en page et la beauté de l’illustration très évocatrice du grand XVIIIè siècle français.
« C’est dans la ville d’Amsterdam, ce centre alors important de librairie européenne, que Bernard Picart a préparé les grands ouvrages illustrés qu’il fit paraître, dessiné leurs figures et gravé leurs estampes ou dirigé leur exécution. » Baron Roger Portalis. Les graveurs du XVIIIè siècle.
« Très rare, la version latine et française de l’Ovide illustré de Westein et Smith est bien plus rare que la version latine/anglaise. L’OCLC ne note que 15 exemplaires dans les collections institutionnelles et il n’y a pas de registres de vente aux enchères remontant à plus de 25 ans. » (Budd en brooks Inc).
Les Métamorphoses sont un recueil de mythes grecs et romains, relatant des histoires classiques telles qu’Écho et Narcisse, Jason et Médée et Vénus et Adonis. Il comprend également le conte babylonien oriental, Pyrame et Thisbé. Cette grande œuvre épique a été appréciée au fil des siècles pour son inventivité, son charme et son originalité.
« En tant que conteur et guide du mythe grec et de la légende romaine, Ovide a eu une grande influence sur les écrivains romains ultérieurs et a été lu, cité et adapté au Moyen Âge. Il était le poète latin préféré de la Renaissance, et il y a eu de nombreuses traductions de ses œuvres en anglais ». MCHowatson.
Son influence sur les grands écrivains à travers l’histoire, de Chaucer à Marlowe et Shakespeare, est bien connue.
« Dans sa préface à l’édition luxueuse et monumentale des Métamorphoses d’Ovide, parue à Amsterdam en 1732, l’Abbé Antoine Banier exprime toute son admiration pour le poète latin dont il loue l’ample génie :
C’est de tous ces recueils, qu’Ovide tira les sujets qui composent les XV Livres de ses Métamorphoses, & il paroît par ce qui nous reste des anciens sur cette matière, qu’il les a infinement surpassez ; au lieu d’un recueil froid, insipide, ou simplement didactique, il en fit une espèce de Poème, dont l’Univers entier est la scène, & qui embrasse tous les tems qui s’étaient écoulez depuis le comencement du Monde jusqu’au siècle où il écrivoit. Que de traits, que de couleurs différentes ne falloit-il pas avoir ramassées pour tant de tableaux ! Cependant il les a tous finis ces tableaux, & à la fin de l’ouvrage son pinceau n’est point affoibli […].
L’univers entier sert de scène au poème, voilà son arrière-fond planté ; mais la métaphore dramatique, fugitive, cède immédiatement la place à une métaphore picturale : les « traits » et les « couleurs » qualifient un art de la variété déployé en une suite profuse de « tableaux ». L’éloge est habituel ; depuis la seconde moitié du XVIIème siècle, la vivacité et la variété narrative, stylistique et poétologique d’Ovide font l’objet d’une louange quasiment unanime. Le savant surenchérit ensuite, en prêtant à Ovide une qualité complémentaire : l’ampleur de ses visions va de pair avec un art consommé du détail et de la particularité.
Si Banier n’a pas suivi toutes les leçons proposées par Bursman, c’est qu’il a cédé à l’idée que le public se faisait de la poésie ovidienne et à son goût pour les « images riantes ». C’est précisément cet esprit et ces images que Picart entend offrir au regard, comme le signale énergiquement le frontispice. Les figures projettent l’imagination du lecteur vers un autre espace que celui du texte : elles proposent une rêverie mythologique mieux qu’elles n’illustrent ou commentent le poème. Un peu comme un effet retour. Stewart a souligné la coprésence intrinsèque du texte et de l’image dans les peintures d’histoire, soulignant que ces dernières sont toujours, en un sens, l’illustration d’un texte virtuel, implicitement présent – sans quoi l’image perd son intelligibilité. Ici la tradition picturale, forte de sa propre tradition, rejoint dans le livre le texte d’Ovide. »
Remarquable et exceptionnel exemplaire imprimé sur grand papier de Hollande relié en deux volumes conservés dans leur luxueux maroquin à dentelle de l’époque, condition rarissime.






