Bordeaux, Veuve J.B. Cavazza, An troisième (1795).
In-8 de 101 pp., (2) ff., pp. 103 à 396 mal chiffrées 386 ; demi-basane brune, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaspées. Reliure de l’époque.
180 x 111 mm.
Ce rapport constitue un document de première importance sur l’action de Robespierre et de ses partisans.
« Courtois (1756-1816), conventionnel, embrassa avec beaucoup de chaleur la cause de la révolution et fut, dès le commencement, nommé receveur du district dans sa ville natale, puis député à l’assemblée législative, où il ne se fit point remarquer. Nommé, par le même département (l’Aube), député à la Convention nationale, en 1792, il s’y montra encore fort peu à la tribune ; mais il y fut intimement lié avec Danton, et par conséquent opposé à Robespierre. Dans le procès de Louis XVI il vota pour la mort, contre l’appel au peuple et contre le sursis.
On sent que Courtois dut courir de grands dangers, lorsque son ami Danton fut envoyé à l’échafaud. Il se condamna de plus en plus au silence, et ne le rompit que dans la fameuse journée du 9 thermidor, où il concourut de tout son pouvoir au renversement de Robespierre. Nommé l’un des membres de la commission qui dut examiner les papiers saisis chez Robespierre et ses complices, il fut chargé par ses collègues de rédiger et de lire à la Convention le rapport de cette affaire ; et il y travailla pendant près de 6 mois. Ce ne fut que dans la séance du 16 nivose an III (janvier 1795) qu’il fit lecture de ce fameux rapport, devenu l’un des monuments les plus curieux de la révolution française. Les pièces en sont la partie la plus vraie et celle qui caractérise le mieux cette époque. Après le 9 thermidor, Courtois fut dans la Convention un des adversaires les plus actifs et les plus redoutables du parti que l’on appelait ‘la queue de Robespierre’ ; et il rendit véritablement beaucoup de services aux victimes de la Terreur… » (Biographie universelle).
Élu à l’assemblée législative en 1791, ami de Danton, Courtois avait pris sa revanche après le 9 thermidor en demandant à faire partie de la commission chargée d’inventorier les papiers trouvés chez Robespierre.
« Dans son « Rapport fait au nom de la Commission chargée de l’examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices », Courtois nous permet de mesurer, incidemment et à son insu, l’immense popularité dont Robespierre jouissait auprès des patriotes. « Des agrégations coupables lui firent respirer, de toutes les parties de la France, l’encens criminel qu’elles brûlaient en son honneur ; c’était à qui enivrerait l’idole… et des milliers de fanatiques irréligieux ne semblèrent avoir chassé de leurs temples les dieux qu’ils adoraient depuis tant de siècles que pour se prosterner devant leur nouveau dieu Maximilien. Il faut parcourir ces papiers pour s’en convaincre… » (1) « …Un agent national nous apprend, à son tour, que c’est l’Être suprême dont Robespierre a prouvé l’existence qui (par reconnaissance sans doute) veille sur ses jours et que la République est sauvée ». Et Courtois de nous renvoyer au n° XVIII des pièces justificatives (2).
Il s’agit d’une lettre du citoyen D… à Robespierre, qu’il est nécessaire de transcrire intégralement pour suivre dans ses explications l’expéditeur lui-même.
« Carismont, ci-devant Saint Aignan, le 12 prairial, l’an deuxième de la République Française.
L’agent national provisoire du district de Carismont (3), ci-devant Saint- Aignan…


